La reconversion professionnelle : un passage obligé ?

Plus question d’imaginer l’avenir sur le long terme sans penser à une probable reconversion professionnelle. Il y a encore quelques années, s’investir professionnellement au sein d’une seule et même entreprise concernait une majorité de salariés.
Cette aventure professionnelle durable pouvait même s’avérer être rassurante, sécurisante, valorisante.
La tendance actuelle s’inverse, et de façon significative :
Le sentiment de perte de sens s’impose comme principale source de mal-être au travail. Chacun peut se sentir concerné par un besoin impérieux de changement, quand il ne s’agit pas d’une obligation suite à un licenciement ou à un accident de la vie.

La reconversion professionnelle : une véritable opportunité !

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les candidats à la reconversion soient toujours plus nombreux.
Selon une étude du groupe AEF pour Nouvelle Vie Professionnelle, 64 % des actifs rêvent de se reconvertir et 28 % des actifs avaient déjà relevé le défi de la reconversion en 2017, avec à la clé, le sentiment de s’épanouir professionnellement pour 69% des reconvertis.
La reconversion est donc une réelle opportunité à saisir pour changer de vie.
Pour les entreprises, aider à la reconversion de certains salariés permet de se donner une nouvelle chance de recruter la bonne personne au bon poste.

La reconversion professionnelle : le meilleur outil de prévention des risques psychosociaux ?

Les risques psychosociaux sont tenaces, et font désormais partie intégrante du paysage professionnel : burn-out, dépression, stress, bore-out, agissent au sein de l’entreprise comme une menace tant pour les salariés que pour les employeurs, agitant le spectre de l’absentéisme.
Pour certaines entreprises engagées pour la qualité de vie au travail, des stratégies diversifiées rivalisent d’inventivité pour améliorer la qualité de vie au travail des salariés : sophrologie, reiki, massage assis, coaching, évènements participatifs, challenges, développement du télétravail …
Face à la remobilisation du collectif pour redonner du sens au travail, les salariés candidats à la reconversion professionnelle se retrouvent souvent seuls dans un cheminement individuel qui a tout d’un interminable parcours du combattant.

Pourtant, l’accompagnement à la reconversion s’installe progressivement au coeur des entreprises, notamment grâce au récent métier de conseiller en évolution professionnelle.
Lorsque toutes les tentatives pour remobiliser les salariés ont des conséquences approximatives sur la qualité de vie au travail, la reconversion professionnelle pourrait être l’outil incontournable de ces prochaines décennies.

Comment débuter une reconversion professionnelle ?

La reconversion professionnelle est toujours un véritable défi qui nécessite un temps de réflexion et d’anticipation.
Le conseiller en évolution professionnelle est une personne ressource lorsqu’elle existe au sein de l’entreprise.
Néanmoins, le conseiller en évolution professionnelle ne pourra pas répondre aux questions essentielles et personnelles qui précèdent cette volonté de changement :

  • Quelle est ma véritable motivation au changement ?
  • Quels sont les freins à ma reconversion et mes potentielles ressources pour les dépasser ?
  • Quels sont mes besoins ?
  • Quels métiers font sens pour moi et correspondent à une réelle opportunité dans le paysage professionnel actuel ?

Une fois cette étape franchie, un bilan de compétences permettra d’établir une cartographie des compétences acquises, d’affiner le projet professionnel et de dégager des opportunités d’évolution correspondantes au projet.
Le conseiller en évolution professionnelle pourra accompagner le projet en s’appuyant sur des outils d’aide à la reconversion comme le Compte Personnel de Formation (CPF).
Si la reconversion professionnelle nécessite aujourd’hui une motivation sans faille doublée d’une bonne dose de courage pour ses prétendants, les récents dispositifs nés de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel permettent d’espérer que changer de métier sera désormais à la portée de tous. En effet, se former tout au long de la vie est l’objectif central de cette loi, préalable incontournable pour négocier avec brio tous les virages du chemin professionnel.

Ombeline Cadiergue